Motion Project : Aider les gens à aller de l’avant – Natalie Barnhard

Les grands esprits le disent depuis que le monde est monde : le bonheur, c’est aider les autres. C’est cette idée qui est derrière chacune des décisions que Natalie Barnhard a prises dans sa vie, comme celle de devenir physiothérapeute ou encore celle de créer la fondation Motion Project.

Natalie Barnhard est à la fois physiothérapeute, entrepreneure, maman d’un joli toutou, utilisatrice d’un Apex C ainsi que présidente et fondatrice de la fondation Motion Project. Sa fondation a pour mission d’aider les gens atteints d’une lésion médullaire à obtenir des traitements de réadaptation dans la région de Buffalo, dans l’État de New York. Elle a également le mandat de faire valoir l’importance de ce type de traitement et de mettre en évidence le manque d’équipement dans certains États pour ceux et celles qui présentent une telle lésion.

La genèse de Motion Project 

En 2004, Natalie subit une lésion médullaire au travail lorsqu’une pièce d’équipement de 270 kg (600 lb) s’écrase sur elle. Le diagnostic? Une quadriplégie causée par une lésion aux niveaux C5-C6.

Généralement, quand une lésion médullaire se produit, la personne atteinte doit être hospitalisée, puis obtenir des traitements de réadaptation. L’hospitalisation dure en moyenne 11 jours et la réadaptation, 31 jours, selon les données de la National Spinal Cord Injury Database (base de données nationale sur les lésions médullaires).

Étant physiothérapeute, Natalie sait qu’elle aura besoin de nombreuses séances de traitement pour retrouver une partie de sa mobilité. Elle se rend donc à Atlanta pour recevoir des soins post-réadaptation. Mais ces soins ne sont pas à la portée de tout le monde, car ils ne sont pas couverts par les compagnies d’assurance.

Natalie a à peine amorcé son processus de rétablissement qu’elle rêve déjà de mettre sur pied la fondation Motion Project (anciennement la fondation Wheels With Wings). Elle en fait un objectif personnel. Elle constate de visu à quel point il peut être difficile pour certaines personnes d’obtenir des traitements intensifs de réadaptation, d’adapter leur domicile et d’acheter l’équipement dont elles ont besoin à cause de la lésion médullaire.

C’est donc après des années de dur labeur qu’elle réalise enfin son rêve et ouvre, à Buffalo, un centre de réadaptation et de rétablissement pour les gens ayant subi une lésion médullaire : The Natalie Barnhard Center for Spinal Cord Injury Rehabilitation and Recovery Center. L’établissement lui permet d’aider les gens à obtenir les meilleurs soins possibles et le soutien dont ils ont besoin. « En fait, l’objectif général était de venir en aide aux gens, de les aider à trouver les bonnes ressources pour qu’ils puissent obtenir le bon équipement », explique Natalie.

Naturellement, après avoir entendu parler de Natalie, nous avons voulu la rencontrer. Poursuivez la lecture pour découvrir le contenu de notre agréable et intéressante conversation!

L'entretien :

Motion Composites : Nous sommes très admiratifs de votre travail ! quel est, selon vous, le trait véritablement distinctif de Motion Project? En quoi votre centre de réadaptation est-il différent?

Natalie Barnhard : Merci d’avoir pris contact avec moi! J’adore parler de Motion Project! C’est un projet unique parce que nous sommes plus qu’une équipe de cliniciens qui ont ouvert un établissement de soins. Nous formons une famille. Nous sommes particulièrement empathiques. Nous comprenons ce que vit chaque personne qui passe nos portes.

Nous avons fondé notre établissement en tenant compte des difficultés et des défis que j’ai dû surmonter après ma blessure et des lacunes en matière de services dans la région. Les gens qui viennent nous voir n’ont pas l’impression d’être des « patients ». Ils ont plutôt le sentiment de venir chercher des outils pour améliorer leur état de santé. Et c’est notre objectif, après tout : nous voulons que les gens aient une belle vie même s’ils ne sont pas totalement rétablis au point de ne plus avoir besoin de leur fauteuil roulant. Ils peuvent tout de même vivre pleinement.

MC : Vous étiez déjà thérapeute avant votre accident. Pensez-vous que cette expérience influence votre façon d’aider les gens?

NB : Tout à fait! C’est fou de penser que j’ai bouclé la boucle. Avant, j’étais thérapeute et j’adorais pouvoir aider les gens comme je le faisais! Mais depuis mon accident, je ne peux plus utiliser mes mains ni mon corps pour aider les gens à prendre du mieux. Cela dit, rien ne m’empêche de les aider à accéder à des traitements de réadaptation. Et ce n’est pas tout. Je comprends maintenant ce que vivent les personnes qui viennent de se blesser. Je suis en mesure de les rassurer, de leur dire que les choses vont s’améliorer.

Il faut savoir aussi que ma mère s’occupe des tâches administratives. Donc, quand nous recevons à la clinique des parents qui sont ébranlés parce que leur enfant vient de se blesser et qui ne savent pas par où commencer, ma mère est là pour les appuyer. Elle sait ce qu’ils traversent parce qu’elle a vécu la même expérience.

Nous avons cette chance unique de pouvoir aider les gens dans TOUS les aspects de leur rétablissement. Nous travaillons actuellement à la mise en place de réseaux de soutien en santé mentale et d’aide par les pairs. Nous croyons fermement à l’importance de ce type de réseaux dans le cadre de traitements de réadaptation.

MC : Quels sont vos plans d’avenir pour Motion Project? Comment voyez-vous votre établissement dans 10 ans, par exemple?

NB : J’adorerais qu’il prenne de l’expansion! Nous souhaitons en faire le meilleur centre qui soit.

Dans 10 ans, j’aimerais avoir mis en place un continuum de soins complet pour que les soins spécialisés débutent dès que la personne se blesse. J’aimerais offrir une formation complémentaire aux médecins (parce qu’il n’y a pas tant de spécialistes des lésions médullaires) et des ressources liées à la santé mentale, à la santé spirituelle, à l’aide financière, etc.

MC : Vous vous déplacez à bord d’un Apex Carbone. Que pensez-vous de ce fauteuil? Parmi ses caractéristiques, laquelle préférez-vous?

NB : Ce qui m’a attirée, c’est son apparence! Il existe d’autres fauteuils similaires sur le marché, mais j’ai été charmée par l’allure moderne et les accents de couleurs de l’Apex C.

Et je voulais un fauteuil en fibre de carbone parce que j’étais curieuse de voir pendant combien de temps j’allais pouvoir me déplacer de façon autonome. J’adore le fait qu’il soit ultraléger, une caractéristique qui me permet d’en faire plus en une journée.

MC : Je m’incruste un peu dans votre vie privée, mais il paraît que vous allez vous marier! Félicitations!

NB : Oh, mon Dieu! Merci! L’attente a été longue. J’avais 39 ans quand je l’ai rencontré et j’aurai 42 ans quand le mariage aura lieu. Mais ça en aura valu la peine. C’est quelqu’un de bien!

C’est difficile d’essayer de trouver la bonne personne quand on est en fauteuil roulant. J’ai longtemps manqué de confiance en moi. Je me disais : « Mais quel homme voudra de moi maintenant? » Je voulais quelqu’un qui allait voir la personne que j’étais réellement et pas seulement le fauteuil roulant. J’ai appris à mes dépens que c’est une aptitude qui n’est pas donnée à tout le monde.

Mais je suis vraiment heureuse maintenant! Il prend tellement bien soin de moi. J’ai si hâte au grand jour! D’ailleurs, vous pourrez me voir dans un épisode de la série Say yes to the dress (J’ai dit oui à la robe). Ne manquez pas ça!

MC : Voudriez-vous ajouter un dernier mot pour nos lecteurs?

NB : Il faut faire mieux! Nos gouvernements doivent faire mieux et comprendre que les aides à la mobilité, la thérapie et la réadaptation ne devraient pas être des « privilèges », mais bien des  appareils et des soins de base. Nous devons continuer de parler du problème d’accès et veiller à ce que le message se rende aux oreilles des législateurs.

 

Nous tenons à remercier Natalie d’avoir pris le temps, malgré son horaire chargé, de discuter avec nous et de nous avoir raconté son histoire! Nous sommes ravis de pouvoir vous la transmettre à notre tour et de vous faire découvrir Motion Project ainsi que tout le travail acharné qu’elle et son équipe font pour aider la communauté.

Ne manquez pas de jeter un coup d’œil au site Web de Motion Project pour en savoir plus sur les activités du centre et en obtenir les coordonnées.

À propos de Miriam Aguilar Garza

Spécialiste en marketing digital à Motion Composites

Miriam est titulaire d’une Baccalauréat en gestion des affaires internationales de l’Universidad Autónoma de Nuevo León (Mexique). Elle est passionnée par la rédaction, la lecture, les voyages et le désir de donner une voix à la communauté des personnes en fauteuil roulant.